On a sauté le mois de novembre, mais les horaires étant ce qu'ils sont, nous n'avons pas pu faire mieux. Alors nous étions de retour pour une deuxième rencontre de 15h à 16h et cette fois, j'ai respecté le temps alloué! Je pense que ça a été apprécié.
J'avais choisi pour cette fois une vidéo provenant du MELS: La classe de Lucille Malenfant en 2e secondaire. J'ai choisi la 2e plage du DVD qui montre le travail hebdomadaire qu'elle fait faire à ses élèves en analyse grammaticale. J'ai choisi cet extrait pour deux raisons: d'abord parce qu'il se passe au secondaire, ensuite parce qu'on voit et on entend les élèves réfléchir sur la langue. Ils sont amenés, par l'exercice commun d'analyse, à utiliser le métalangage de la grammaire, ce qui rejoint les vidéos de Zoom présentées précédemment. Nous avons regardé les 12 premières minutes (sur environ 15). À la toute fin de la rencontre, j'ai demandé ce qu'ils avaient pensé de cette vidéo et ils m'ont tous dit qu'ils l'avaient moins aimé que les autres. La pratique était moins nouvelle et ils l'expérimentaient pour la plupart dans leur classe du secondaire.
Aujourd'hui, j'ai arrêté la bande moins souvent. Les enseignants avaient moins à dire que la dernière fois, mais une fois que les échanges ont commencé, ils ont apportés des éléments de réflexion intéressants. Par exemple, la place du par coeur dans la grammaire, l'utilisation de ces connaissances en contexte, l'évaluation des traces laissées par les élèves, les avantages de faire parler les élèves, etc. Je pense que j'ai assez bien réussi à redirigier les questions et même à en susciter, même si j'ai moi-même participé un peu plus aux dicussions. Peut-être n'aurais-je pas dû? En me réécoutant, je verrai si j'étais déplacée ou si essentielle...
Avant de commencer le visionnement, j'ai demandé aux enseignantes si elles/ils avaient tenté des expériences depuis la dernière fois. Je savais que certaines avaient fait des essais et je voulais valoriser une enseignante en particulier qui a osé, mais qui ne parle pas beaucoup dans le groupe. Elle a témoigné de son expérience et les autres ont été surpris de son implication. Je crois que ça aura un effet motivateur pour d'autres essais.
Cette fois-ci, j'ai posé une question de départ qui devait orienter leur écoute: est-ce que la pratique montrée était une situation d'enseignement de la grammaire ou d'exercisation de la grammaire? Je n'avais pas de réponse précise à cette question, je voulais seulement ouvrir le débat et ils en sont arrivé à la conclusion que c'était les deux: de l'exercisation pour ceux qui ont compris et de l'enseignement par les pairs pour ceux qui n'avaient pas bien compris.
Je suis bien contente de cette formule de formation. Le club vidéo met en place la pratique réflexive et une communauté de pratique dans l'école, ce qui aura des impacts sur le cheminement des élèves en français. J'aime aussi beaucoup le fait que nous nous rencontrons plusieurs fois dans l'année. Il y a un suivi, un cheminement qui continue de s'opérer dans le temps et qui est sûrement gagnant.
J'ai annoncé à la toute fin qu'en janvier, ce serait la dernière vidéo publiée et qu'à partir de février, ce serait des autoscopies. D'entrée de jeu, certaines se sont retirées et ont avoué ne pas vouloir cette formule. Je les laisse libres. De toute façon, je crois que les autres enseignants feront des essais et elles verront si elles se sentent prêtes en mai...
Enfin, j'ai laissé à lire de manière tout à fait libre et volontaire le dernier chapitre de Nadeau et Fisher (2006) qui traite de l'exercisation de la grammaire. J'ose croire que certains iront jeter un oeil...
Sur ce, je me prépare au prochain club vidéo dans cette école sur les stratégies d'apprentissage par la lecture et je garde en tête de présenter une vidéo sur l'enseignement de la grammaire de manière inductive. Le club vidéo serait-il en train de devenir mon pain quotidien?
mercredi 2 décembre 2009
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Encore une fois, Marie-Hélène, je lis avec autant de plaisir que d'intérêt tes réflexions sur ton club vidéo.
RépondreSupprimerJe retiens ton questionnement sur le niveau de discussion soulevé par la vidéo. À l'usage, j'observe que certaines vidéos favorisent davantage les échanges. Il y a bien sur des particularités selon les groupes mais je serais porté à croire qu'il y a aussi des caractéristiques propres à la vidéo. J'ai quelques intuitions que j'aimerais bien creuser.
Je retiens ton idée de questionner les enseignants sur leurs essais depuis la rencontre précédente. C'est tout simple mais il fallait y penser. C'est de nature à renforcer la démarche en 4 temps qui se termine par des propositions d'innovation.
Je n'ai pas rencontré cette réticence à se capter sur vidéo des enseignants du Club que j'anime. Cependant, ce sont des enseignants qui avaient déjà une pratique de partage et ça peut expliquer leur plus grande facilité à tenter l'expérience. Un collègue qui vient d'amorcer un Club dans son école secondaire éprouve la même difficulté.
Pour ma part, j'ai participé lundi et mardi à deux journées de formation sur le Projet intégrateur. Les vidéos ont été exploitées à deux moments de la formation. La première fois à des fins illustratives. La deuxième, après discussion avec l'équipe, dans une perspective illustrative. Je crois que l'équipe de formateurs a beaucoup apprécié la nature des échanges dans cette perspective.